Nous nous demandions avec Franck ce que Marie Françoise entendait par l’expression « la grand’ messe » en parlant du comité international de coordination pour le site d’Angkor, et nous n’avons pas été déçus. Le Cambodge est un pays de contraste car nous étions hier dans un petit village de pécheurs et nous nous retrouvons aujourd’hui avec les grands de ce monde : le vice premier ministre du Cambodge, Les ambassadeurs de France et du Japon comme chairmans, l’ambassadeur d’Australie ….. dans un hôtel grand luxe.
Les débats ont été parfois intéressants concernant des décisions pour la conservation du Site d’Angkor, parfois très intéressants puisque une session concernait le développement durable et comment mieux associer la population locale aux retombées du développement touristique. Cependant, ces présentations nous ont semblé parfois assez pompeuses (commençant toutes par Mr le vice premier ministre, vos excellences), technocratiques et bien éloignées des réalités de terrain. Nous sommes donc impatients justement de nous rendre sur notre terrain d’études pour remplir nos 2 missions : obtenir des données climatiques et mesurer l’érosion sur une plus grande partie du temple par photogrammétrie.
Notre équipe « mesure de la vitesse de l’érosion sur les temples d’Angkor » est donc reparti pour de nouvelles aventures. Cette mission aura donc lieu du 28 novembre au 12 décembre 2008.
Et nos aventures commencent dés le départ : En effet, pour ceux qui suivent un peu l’actualité mondiale en ce moment, il y a quelques petits problèmes à Banghok, en Thaïlande. Et notre itinéraire était le suivant : Clermont-Paris- Banghok-Siam Reap.
Après une dizaine de coups de téléphones aux voyagistes, nous trouvons une solution en prenant le vol prévu qui finalement a atterri à Saïgon, et un vol Saïgon - Siem Reap nous permet d’arriver au terme de notre voyage.
Quelques petits problèmes avec les douaniers, qui regardent d’un œil dubitatif notre station totale et le pied de topographie, mais nous nous en sortons avec les bonnes paroles de Marie Françoise et quelques explications techniques. Commequoi, notre Anglais n’est pas si mauvais. Et puis l’année dernière, nous avions eu certains problèmesplus importantsavec le matériel
Ce premier dimanche au Cambodge sera donc occupé par une visite de terrain organisé
dans le cadre du comité international de coordination pour la sauvegarde du site d’Angkor(en raccourci CIC).
Nous allons donc visiter le village de pécheurs de Kampong Phluk, à une vingtaine de kilomètres de Siem Reap.
Après une demi-heure de bateau, nous arrivons dans le village. Et nous retrouvons les cambodgiens fidèles à notre souvenir ; affables, rieurs, et calmes malgré un dénuement certain.
Les conditions sont assez pittoresques : nous sommes en fin de saison des pluies, le Tonle Sap a inondé un territoire immense. Toutes les maisons sur pilotis ont les pieds dans l’eau.
Même les cochons sont dans une cage sur pilotis…..
Après la visite du village, nous sommes inviter à nous regrouper par 3 afin d’embarquer sur de petites barques plates qui servent traditionnellement à transporter des marchandises. Si Marie-Françoise n’éprouva aucune difficulté à se positionner en tailleur, ce fut plus délicat pour Olivier et Franck, qui avec leur 80 kg de souplesse granitique eurent toutes les peines du monde à répartir leur poids afin que la barque ne chavire pas. Nous fumes cependant rassuré de voir que nous n’étions pas les seuls à souffrir. Une fois les articulations bien en place, une charmante rameuse au coup de pagaie très assuréenous emmena pour une promenade des plus poétique : une traversée dans la forêt inondée par les hautes eaux du Tonlé Sap : une véritable mangrove lacustre qui aurait certainement beaucoup d’effets sur notre équipe hydro.
Cette ballade était véritablement sympathique.
Notre mission au Camboge commence donc bien, mais nous retournons au boulot dès demain avec un tout autre style de rencontre : La séance plénière du comité international de coordination pour la sauvegarde du site d’Angkor. Avec Franck, nous sommes assez curieux d’assister à cette Session , que notre chef de mission appelle de manière énigmatique : « La grand’ messe » .